Destination Iceland : Day 1

Islande – Premier jour

Islande. Le nom qui fait rêver. On imagine la glace, les aurores boréales… J’avais les images de l’Edda en tête, l’aventure, les dieux nordiques qui marcheraient encore parmi les vivants alors que dans le reste de la Scandinavie, ils ne sont que les figures résiduelles de morceaux de musique ou de littérature… J’avais l’odeur de la mer et l’appel de la nature.

Bon ben finalement je ne m’en sors pas trop mal avec tous mes rêves.

Certes l’Islande n’a rien de la terre d’accueil des dieux délaissés…et encore que… mais elle laisse une impression durable et donne un grand coup de poing dans la figure quand on la découvre. Mais commençons par le début.

Iceland. Name of a dream. I could imagine the ice, the nothern lights… I had the Edda in minde, adventures, northern gods who walk among the livings whereas they are only residual pieces of music or literature in the other countries of Scandinavia… I imagined the smell of the sea and the call of the wild…

And I wasn’t that wrong with all my fantasies.

I have to confess that Iceland is not the perfect place for abandoned gods… Sometimes only… But it impresses anyone who comes and give to the human being a real punch in the face when he starts to discover it. But let’s begin with the beginning.

16h51, départ de Leipzig. Retard de plus de 5 minutes annoncé. Donc je confirme il n’y a que la Deutsche Bahn qui annonce des retards et arrive en avance. Un copain est venu heureusement me chercher à la gare (Hauptbahnhof au lieu de Südkreuz mais chuuut mon billet ne s’est rendu compte de rien) et le trajet gare-aéroport n’a pas été trop traumatisant – déjà parce qu’il a quand même vachement plus le sens de l’orientation que moi, et qu’il connait un peu Berlin, et qu’il m’a empêchée de paniquer dans cette foule et ces couloirs et ces RER-Strassenbahn… L’aéroport ne vaut PAS le coup d’œil – par contre ils m’ont accordé deux kilos de plus qu’autorisés gratuitement … pour ne pas avoir à trouver un moyen d’accepter ma carte bancaire française visiblement (et par gentillesse. Surtout quand je lui ai dit que j’étais pourvoyeuse en chocolat d’une amie qui fait ses études en Islande, il a eu pitié). Bref avion à l’heure, pas de problème particulier… Trois heures trente de vol – trois places pour moi, donc une heure de dodo  et deux de lectures, ça commençait pas mal.

4:51pm: leaving Leipzig. Delay of more than 5 minutes announced. So I confirm: there is only with the Deutsche Bahn that the announcements for delays are done and the train arrives early. Fortunately a friend came to pick me up at the train station in Berlin then (Hauptbahnhof instead of Südkreuz but shhhh my ticket realized nothing) and the drive from the train to the airport was not too traumatic – because my friend has a  really better sense of direction than me, and he knows a bit Berlin… and he prevented me from panicking in the crowd and the corridors and the RER-Strassenbahn … the airport is not interesting – but  they allowed me two pounds heavier than permitted for free … not to have to find a way to accept my credit card (the French one…) and perhaps by kindness. Especially when I told him that I was the ‘purveyor of chocolate for a friend who studies in Iceland’, he probably had pity for her). Short flight on time, no particular problem … Three hours and thirty minutes flight – three seats for me, so one hour sleep and two readings, the trip started well.

Arrivée à 00h20 heure locale (donc une heure de moins que la France et l’Allemagne), le samedi donc. Encore endormie, j’ai l’impression de rentrer chez moi… ? Chauffeur de bus sympa qui fait la conversation… et je découvre que l’aéroport est à presque 60 km de Reykjavik. L’impression d’être chez moi persiste. Normal. Une île, volcanique, avec (forcément) l’océan, du décalage horaire, des amis à voir… mais le froid achève de me réveiller et voilà que je tente de percer les ténèbres de mon regard perçant de myope qui ne voit rien de base la nuit. Autant dire que je n’ai pas vu grand-chose à part les horribles hotels pour touristes en mal de Viking (non sérieusement les fausses églises nordiques ça ne le fait pas, mais alors pas du tout !). 3h du mat –le temps de charger les autres passagers, avoir l’ordre de partir, faire le chemin ET les arrêts – terminus tout le monde descend. Mon amie est là à m’attendre comme promis – et hop direction sa chambre d’étudiante. (Et encore une fois je vais me moquer du CROUS français qui n’est décidément ABSOLUMENT PAS à la hauteur – ni du Danemark, ni de la Suisse, ni de l’Allemagne… ni de l’Islande).  Au lit vers 4h puisqu’il fallait bien se raconter les dernières nouvelles … et debout à 7heures.

Mais pourquoi tant de haine ? Et ben parce que mon amie a trouvé le plan parfait pour commencer mon séjour. Elle a des connaissances intéressantes – un mec qui fait le tour des pays du nord pour en faire des photos et des articles, même nationalité qu’elle, lui a proposé de la prendre dans une expédition pour aller voir le glacier du Jökulsárlón … et elle a eu l’autorisation de m’emmener. Me voici donc à 8heures du matin en Islande (donc fait pas jour, hein, faut pas rêver) à grelotter sur le chemin vers le point de rendez-vous (l’aérodrome près de l’université de Reykjavik). Et presque une heure plus tard (et autant dire que je ne sentais plus mes oreilles), me voici serrée comme une sardine dans une voiture remplie de hongrois.

Le glacier du Jökulsárlón est à 400 km de Reykjavik. Entre la capitale et le site, il y a donc beaucoup à voir. Ce n’est pas plus mal pour passer le temps.

Le jour finit par se lever complètement un peu avant le départ et je découvre un petit peu de Reykjavik. Premier constat : l’industrie nationale doit être l’industrie automobile vu le nombre de concessionnaires partout. Deuxième constat : la mode est aux 4×4 – et un « gros » 4×4 français a l’air tout petit ici. Troisième constat : il ne fait pas si froid ( 2 degrés au départ ) mais le vent est cinglant.

Sortir de Reykjavik demande peu de temps. Ça a l’air tout petit. J’ai surtout vu des zones industrielles pour être honnête… Et une fois en dehors de la ville, on tombe directement dans la pleine nature. On peut rouler très longtemps sans croiser d’autres voitures… Les villages deviennent de plus en plus petits (je n’ai pas vu une seule vraie ville), jusqu’à être indiqués quand il y a une maison et une grange (pas forcément utilisée la grange d’ailleurs). A noter : même à Reykjavik certains panneaux concernent spécifiquement les tracteurs…  Et des fois, au milieu de absolument RIEN, un panneau indiquant une table de pique-nique ou un téléphone – à 100km de tout…

Une fois dans la pleine nature, la première chose qui m’a choquée c’est… beaucoup de choses en fait. Déjà, tout est hyper plat. A perte de vue, il n’y a que de grandes études balayées par les vents, où aucun arbre ne pousse, où l’herbe est rase – quand il y en a – souvent parsemée de plaques de neige (pas de neige en ville par contre). Et soudain, sans signe annonciateur, une montagne. On a vraiment l’impression qu’on les a posées là, au hasard, en plein milieu, sans même prendre la peine de disposer des signes annonciateurs. C’est plat  et d’un coup, la falaise abrupte d’une montagne. Certaines fois, c’est plus un énorme caillou posé au milieu de nulle part, des fois, c’est une chaîne de glaciers qui apparait à l’horizon, mais tout parait artificiel. J’imagine bien les dieux créer le monde à partir d’une boule de glace, décider des contours de l’Islande un peu au feeling (peut-être en roulant la boule de neige et en la lançant sur l’eau – peut-être comme de la glaise malaxée au hasard) et la rendre très plate d’un coup de paume… avant de décider que c’est un peu trop plat, trop ennuyant, et lancer alors des morceaux de roches pour faire les montagnes sans trop savoir comment on s’y prendre en vrai pour faire surgir des massifs comme ça. Je ne dis pas que c’est pas beau. Au contraire c’est vraiment magnifique –c’est juste une impression surprenante. Les montagnes, c’est réellement le point fort de l’Islande. Les pics sont visiblement pas très haut, mais ils sont bien dessinés et les lignes sont pures, soulignées par la neige et la glace. Une impression de propre, d’éloignement de l’humanité, renforcée par le « rien » de la plaine.

DSCF9169

Parfois, si on regarde les contours des montagnes, on a aussi l’impression étrange d’y voir des visages sculptés dans la pierre. J’ai trouvé plusieurs hommes et femmes ressemblant aux vieilles gravures des Eddas et des sagas – ils ont peut-être tiré les visages de leurs dieux de ces montagnes. Ou les montagnes se sont adaptées aux légendes. Mes yeux ont décidé d’y voir Odin et son œil manquant, Freja et ses pommes  – et j’ai compris pourquoi Wagner et tant d’autres se sont passionnés avant moi pour la mythologie nordique.

Dans les impressions bizarres, il y a aussi la neige. Comme je l’ai dit, il n’y en a pas en ville. Une fois sortis de la ville, il y a des portions de plaine avec des plaques de neige pas encore fondue, en général planquée dans un vague relief ou dans un fossé. Et parfois, d’un coup, descendue des glaciers, une immense coulée de neige et de glace alors que tout le reste n’est même pas gelée. Le pied du glacier a conquis la plaine.

Notre premier arrêt a été un site de cascade. En Islande comme dans le reste du monde, il y a des itinéraires pour touriste (et malheureusement aussi des touristes qui les suivent – autre que moi je veux dire ^^ ). Pour décrire le site : au milieu de nulle part (un nulle part plat) une montagne surgit brusquement d’on ne sait pas trop où ; de cette montagne tombent des chutes et des cascades glacées qui vont irriguer la plaine d’une rivière qui disparait au bout de quelques kilomètres à peine en plein nulle part (toujours plat). Bon, une cascade est une cascade. C’est beau, impressionnant et humide. Mais la question que je me suis bien posée pendant toute la demi-heure passée là-bas est compliquée : d’où vient cette eau et où va-t-elle ?

DSCF9172 DSCF9174

J’ai cessé de réfléchir à ça pour re-rentrer me serrer dans la voiture et nous sommes repartis. Nous avons roulé, roulé… et nous nous sommes arrêter manger islandais. Ne vous enthousiasmez pas. Si j’ai bien compris le plat national est le hamburger, et la soupe « traditionnelle » est pour les touristes. Grande claque dans la figure face au steak-frite qu’on a servi à mes co-victimes de voiture – et j’ai apprécié mon sandwiche et ma pomme avec d’autant plus de délectation qu’au moins j’avais du concombre dedans (concombre islandais hein… le truc bien de chez-eux qui pousse sous serre).

Ensuite nous avons vu notre premier glacier de près. Mais comme c’était un « petit » et qu’on avait encore au moins 150 kilomètres à faire, ça n’a été qu’un arrêt-photo de courte durée. Un peu plus longue a été la pause sur la côte. Visiblement les dieux islandais avaient vraiment une vague idée du design scandinave. Ils n’ont pas fait dans le compliqué – mais ils ont oublié de faire dans le pratique. L’Islande est plate… sauf la côte, parce que sinon ce n’est pas marrant. Les falaises se jettent dans une mer grise de froid (si si c’est le froid je vous assure), balayée par les éternels vents islandais … et elle parle. Elle chante avec le vent qui vous fouettent les oreilles… et surtout qui passent dans les énormes rochers poussés dans l’eau comme autant de statues abandonnées… jetées là au hasard comme le sont les montagnes sur la terre ferme. De la suite dans les idées, vous dis-je. Et encore une fois c’est juste totalement magnifique. La montagne enneigée au loin, la mer agitée et ses rochers affleurant – c’est une vision qui donne envie de se taire et de regarder (et pour ceux qui me connaissent, ils savent que c’est dur d’avoir ce résultat avec moi).

DSCF9176

L’arrêt suivant a été pour faire une petite randonnée au pied de la montagne. Enfin d’une montagne. Une parmi tant d’autres. Comme partout, c’est plat jusqu’à ce que ça ne le soit pas. Après quelques minutes de montée, on se rend compte que certes il y a des pierres partout, mais d’un coup on se rend compte surtout que cette ile grise, jaune, noire et blanche est en fait composée de beaucoup plus de couleurs : rouge, violet, vert, … les roches ont plein de couleurs différentes qui ne ressortent pas beaucoup de loin mais choquent un peu de près. La montagne était en fait le dernier morceau du glacier. On atteint le « tobogan » de glace et neige – et dans un creux de pierre où gît un étang glacé, on découvre une caverne de glace. Quelqu’un est en train d’y piocher/marteler quelque part sous terre et le son est assez étrange au milieu du silence total – même le vent semble souffler tout doucement pour accentuer le bruit. La Reine des Neiges, les nains dans la mine, toutes sortes de légendes remontent à la surface – ces histoires que j’ai lu ou entendu étant enfants et dont je me rappelle sporadiquement dans ce genre de situation. Qu’y-a-t-il dans les secrets de la grotte ? On ne saura sans doute jamais puisqu’il est impossible d’y entrer sans matériel. Un secret que l’Islande gardera donc…

DSCF9190 DSCF9193

Puis le but de notre voyage se rapproche – et on finit par littéralement tomber dessus. On se doutait que ça devait être dans le coin puisque la chaîne de montagne nous est subitement apparue et a refusé de nous lâcher pendant un moment. On passe un pont et… Ca y est. Nous avons atteint le glacier Jökulsárlón (qui ne se prononce absolument pas comme ça s’écrit d’ailleurs). Il se jette dans la mer, et c’est ce qui le rend si beau. Sa chute de glace s’étend sur des kilomètres avant de fondre dans le « delta » et alimenter l’océan. Et si on fait abstraction des touristes (encore eux – encore nous) c’est la Nature a l’état pur.  La coulée de glace descend – immobile certes mais bon – pour se déchiqueter en blocs de glaces craquelés, puis en lac de glace et d’eau où nagent phoques et oies sauvages (ou je ne sais pas trop quels oiseaux c’était…), pour se jeter étrangement calmement et violemment à la fois dans la mer impatiente. Nous sommes restés des heures à prendre des photos, du haut des dunes, de la « grève » où on prend réellement la mesure des plaques et blocs de glace, de loin, de près… Ce site est magnifique et au fur et à mesure, avec le soleil qui descendait, il changeait réellement. Au fil des saisons, c’est monstrueusement différent d’un jour à l’autre, mais hier, rien qu’au fil de l’heure, tout changeait. Et pour une fille des tropiques comme moi, cet amoncellement de glaces, neige, eau – noire à certains endroits, gris glace à d’autres, bleu clair encore plus loin – avec des animaux pourtant vivants dans l’eau (les phoques notamment se sont montrés plusieurs fois) est particulièrement impressionnant.

DSCF9220 DSCF9228 DSCF9230

Puis il a fallu affronter la nuit et la pluie et la neige et le vent pour rentrer à Reykjavik. Mais résultat : plein de photos, la main abîmée par le froid, et de supers souvenirs !

Pour ceux qui seraient tentés, des webcams live d’Islande : http://www.livefromiceland.is

— ENGLISH VERSION is to come.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s