Destination Iceland: Uni, City, Windy

Islande 3e, 4e, 5e jour : Université et Reykjavik, le retour

L’Islande est une île – impressionnante certes, et très belle – mais elle est aussi… ben une île quoi. Avec peu d’habitants. Une toute petite ville principale. Avec ses 300 000 habitants en tout, l’Islande est plus petite en nombre d’humains que Leipzig, la ville en Allemagne,pourtant pas « grande », où je vis actuellement. La Réunion, en contraste, est dix fois plus petite et surtout trois fois plus peuplée.

 

Rien que l’université de Reykjavik est toute petite. Cosy, moderne, pratique, réputée excellente, mais petite. Ce n’est pas une critique cependant. Je la trouve tout à fait agréable. Les cours que j’ai suivi ont l’air bien menés – et ils étaient en allemand, ce qui m’arrangeait aussi – et intéressants. Comme dit plus haut, l’université est moderne et … typiquement scandinave dans son architecture globale (pratique et simple). Il y a des étudiants du monde entier, avec une « dominance » claire de polonais, allemands et danois.

 

Iceland is… an island. Beautiful, impressing but still… an island. With so little inhabitants. A very small main city. With its 300 000 inhabitants, Iceland is smaller than Leipzig, the city in Germany I’m currently living in. Reunion island, my birth island, is 10 times smaller but 3 times more crowded!

Reykjavik University is really small. Cosy, modern, practical, excellent but small. That’s not a critic though. It’s perfect and comfortable. I was in class and it’s really well made – they were in German, what was easier for me than icelandic… – and very interesting. The university is modern and… typically scandinavian in its global architecture (practical, simple but beautiful). There are students from all over the world, with a « dominance » from Poland, Germany and the Scandinavian countries.

 

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Another school

Another school

L’université est à 10 minutes à pieds du centre ville. C’est vraiment une petite ville. Très européenne sur certains côtés, notamment la présence soutenue de graphitis et de magasins de touristes. Typiquement mondiale sur certains autres aspects, comme les restaurants « mondiaux », thai, chinois, japonais, américains, français… Typiquement scandinave enfin, avec une certaine architecture nordique, des références aux sagas et à la vieille Islande… Et totalement différente sur des détails, qui ne permettent pas d’oublier qu’on est un peu coincés au bout du monde.

 

The university is so far away from the center of the town… about 10 min walking. That’s really a small city. Really european one on certain sides, for exemple a lot of street arts and … tourists shops. Typically international with « international » restaurents, thai, chinese, japanase, american, french… But finally also typically scandinavian with a nordic architecture, references to sagas and the Old Iceland… And totally different on details that show us that we’re lost in the middle of nowhere, at the end of the civilized world.

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Destination Iceland: Day 2

 Islande Jour 2 : Reykjavik, la messe et le marché

Un peu épuisée par le trip de la veille, j’ai quand même réussi à me réveiller pour la messe. Bon, qu’on ne s’y trompe pas, ce n’était pas par conviction religieuse mais parce que mon amie devait y chanter avec son chœur. Il fallait donc bien que je l’accompagne – et j’avais envie de savoir à quoi ressemblait une messe de l’Eglise d’Islande.

L’église ne paye pas trop de mine de l’extérieur mais l’intérieur est totalement… scandinave. J’ai retrouvé les mêmes formes que dans les églises danoises ; les mêmes chiffres sur les murs pour que les fidèles sachent où ils en sont dans leurs livres (psaumes et pas psaumes) ; des prêtres en soutane et autres… Je ne suis même pas certaine que ce n’était pas des catholiques d’ailleurs. La messe se fait en islandais (autant dire que je n’ai rien compris), et les chants l’étaient aussi. Des chants latins en islandais, c’est joli mais rien d’exceptionnel.

 

A bit exhausted after the trip the day before, I managed to wake up early for the mass. That’s not because I’m a believer but only because my friend was supposed to sing for it. I had to join her and I wanted to know how a icelandic mass looks like.

The church is not the most beautiful in Earth but the inside is so scandinavian! I found the same shapes than in Danish churches; the same numbers on the walls for the believers to know what they have to read in their psalm bible; priesters, … I’m not even sure if they were lutherian or catholic. The mass is in icelandic (I did not understand a word except for « amen ») and the songs too. Latin and icelandic, very sweet but not exceptional.

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Plus intéressant par contre, c’était les gens. Les enfants ont des choses à faire – et une fois que le prêtre en a fini avec, un autre les emmènent dans la salle de jeu ou je ne sais où pour qu’ils se tiennent tranquille. L’église est petite mais il y avait une bonne quarantaine de gens – je ne m’attendais pas à autant. Ils ont l’air tous très croyants sauf les ados qui jouaient à la nintendo derrière moi.

Après le service, mon amie et moi nous sommes enfuies dans le vent et la pluie (oui ces mots semblent revenir souvent en Islande) pour rejoindre le marché du dimanche. Situé dans une grande halle de Reykjavik c’est un mixte entre une brocante et un marché aux poissons – parce qu’il y a une brocante ET un marché aux poissons en fait… C’était sympa sans plus – par contre le saumon complet à 6 euros ça donne envie ; comme les « ??? » à 3 euros le poisson complet ; le hareng (salé … j’en ai enfin vu) a la place d’honneur visiblement (ou alors ce n’est pas du hareng et j’ai tout faux ? Mais c’est écrit en islandais, il ne faut pas m’en vouloir). Après un moment à errer et à dépenser (chuut mais j’ai trouvé un dictionnaire anglais-danois à 6 euros – ça vaut minimum 30 en Allemagne pour un Allemand-Danois… et impossible d’en trouver en anglais ou en français –  et des vêtements tout choupis pour les bébés de la famille…), mon amie, son amie et moi sommes ressortis dans le froid pour aller voir Reykjavik d’un peu plus haut, dans un bâtiment en verre typiquement scandinave. C’était assez impressionnant et totalement islandais.

 

More interesting for me though: the people. Kids have a lot to do during the mass – and when the priester is done with them, another one take them to a game room I don’t know where for them to keep calm. The church is small but there were about 40 persons – I wasn’t expecting that much. They look all very believing … except for the teenagers playing Nintendo behind me.

After the service, my friend and I went into wind and rain (very icelandic words) to go to the sunday market. It’s in a big hall in Reykjavik, and it’s a mixt between a flea market and a fisg market – and you can find both there. It’s quite cool – especially the complete salmon for 6 euros… After a moment walking around and spending money on tourist stuffs for my family, I found a English-Danish dictionnary for 6 euros (it’s worth 30 euros in Germany for a German-Danish one) and so sweet clothes for babies. After that, my friend and I went into the cold outside to see Reykjavik from a little higher in a glas building typically scandinavian. That was impressing.

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Puis après avoir traîné un moment là-bas, nous sommes allés dans mon premier café islandais. Pour ça, nous sommes allés au centre-ville. Première impression : Reykjavik est touuuut petit. L’architecture est dans le style auquel je m’attendais, rien n’est très haut, tout est un peu design, très islandais et cosy… et au centre très touristique. Impressionnant comme tout n’a pas l’air naturel : les faux vikings à cornes (les vrais n’avaient jamais de casque à cornes, c’est une invention due à la reconstruction d’une identité romancée scandinave au 18e siècle, pour ceux que ça intéresse) ; les magasins « nordiques », etc. Un peu à l’écart nous avons trouvé un super café … typiquement pour touristes visiblement aussi puisque mes deux compagnes étaient les seules à parler islandais entre elles. Ambiance cosy, totalement dans le cadre de l’ambiance « hyggelig » que j’attendrais au Danemark ou en Norvège. (« hyggelig » veut dire quelque chose entre cosy, charmant, protecteur, chaleureux, « à la maison » ; c’est typiquement scandinave et se ressent dans l’atmosphère mais aussi dans la culture, les interactions… Les scandinaves en sont fiers et en ont « besoin » visiblement. J’aime beaucoup). Cappucino et thé, pâtisserie islandaise achetée au marché, le quatre heures a donc été très sympa. Discuter avec une polonaise et une hongroise (qui se parlent islandais) en allemand et anglais c’est très amusant.

 

After hanging around for a moment there, we went into my first icelandic café, downtown. First impression: Reykjavik is sooooo small. Architecture is scandinavian: not high, everything a bit « design », very icelandic, cosy… and very touristic in the center. It’s impressing how nothing looks natural: false Vikings with helmets, nordic shops, etc… A bit outside the touristic mess, we found a typically touristic coffee shop. Everybody was speak english, except for my friend and a friend of her who met us there (and they were speaking icelandic together). Cosy atmosphere, very « hyggelig » as they say in Denmark and Norway (Hyggelig means cosy, charming,protective, warm, « home like »; it’s scandinavian, both in the structure and in the culture, a proud aspect of the Scandinavians…). Cappucino, Tea, icelandic cakes, we had a sympathetic after lunch.

 

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Le retour par le « lac » (dans le froid et le vent, encore) a été assez sympa – puisque le lac est à moitié gelé, avec des cygnes et d’autres canarnidés (des espèces de canards quoi) qui y nagent ET y font du patin à glace (ou presque), vaut le coup d’œil.

 

Going back next to the « lake » (in the cold and the wind, again) was quite nice: the lake was full of ice with swans and ducks which swim AND ice-skate… Worth it.

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Deuxième journée très intéressante. Et le poisson est bon.

2nd day very interesting. I love fish.

Destination Iceland : Day 1

Islande – Premier jour

Islande. Le nom qui fait rêver. On imagine la glace, les aurores boréales… J’avais les images de l’Edda en tête, l’aventure, les dieux nordiques qui marcheraient encore parmi les vivants alors que dans le reste de la Scandinavie, ils ne sont que les figures résiduelles de morceaux de musique ou de littérature… J’avais l’odeur de la mer et l’appel de la nature.

Bon ben finalement je ne m’en sors pas trop mal avec tous mes rêves.

Certes l’Islande n’a rien de la terre d’accueil des dieux délaissés…et encore que… mais elle laisse une impression durable et donne un grand coup de poing dans la figure quand on la découvre. Mais commençons par le début.

Iceland. Name of a dream. I could imagine the ice, the nothern lights… I had the Edda in minde, adventures, northern gods who walk among the livings whereas they are only residual pieces of music or literature in the other countries of Scandinavia… I imagined the smell of the sea and the call of the wild…

And I wasn’t that wrong with all my fantasies.

I have to confess that Iceland is not the perfect place for abandoned gods… Sometimes only… But it impresses anyone who comes and give to the human being a real punch in the face when he starts to discover it. But let’s begin with the beginning.

16h51, départ de Leipzig. Retard de plus de 5 minutes annoncé. Donc je confirme il n’y a que la Deutsche Bahn qui annonce des retards et arrive en avance. Un copain est venu heureusement me chercher à la gare (Hauptbahnhof au lieu de Südkreuz mais chuuut mon billet ne s’est rendu compte de rien) et le trajet gare-aéroport n’a pas été trop traumatisant – déjà parce qu’il a quand même vachement plus le sens de l’orientation que moi, et qu’il connait un peu Berlin, et qu’il m’a empêchée de paniquer dans cette foule et ces couloirs et ces RER-Strassenbahn… L’aéroport ne vaut PAS le coup d’œil – par contre ils m’ont accordé deux kilos de plus qu’autorisés gratuitement … pour ne pas avoir à trouver un moyen d’accepter ma carte bancaire française visiblement (et par gentillesse. Surtout quand je lui ai dit que j’étais pourvoyeuse en chocolat d’une amie qui fait ses études en Islande, il a eu pitié). Bref avion à l’heure, pas de problème particulier… Trois heures trente de vol – trois places pour moi, donc une heure de dodo  et deux de lectures, ça commençait pas mal.

4:51pm: leaving Leipzig. Delay of more than 5 minutes announced. So I confirm: there is only with the Deutsche Bahn that the announcements for delays are done and the train arrives early. Fortunately a friend came to pick me up at the train station in Berlin then (Hauptbahnhof instead of Südkreuz but shhhh my ticket realized nothing) and the drive from the train to the airport was not too traumatic – because my friend has a  really better sense of direction than me, and he knows a bit Berlin… and he prevented me from panicking in the crowd and the corridors and the RER-Strassenbahn … the airport is not interesting – but  they allowed me two pounds heavier than permitted for free … not to have to find a way to accept my credit card (the French one…) and perhaps by kindness. Especially when I told him that I was the ‘purveyor of chocolate for a friend who studies in Iceland’, he probably had pity for her). Short flight on time, no particular problem … Three hours and thirty minutes flight – three seats for me, so one hour sleep and two readings, the trip started well.

Arrivée à 00h20 heure locale (donc une heure de moins que la France et l’Allemagne), le samedi donc. Encore endormie, j’ai l’impression de rentrer chez moi… ? Chauffeur de bus sympa qui fait la conversation… et je découvre que l’aéroport est à presque 60 km de Reykjavik. L’impression d’être chez moi persiste. Normal. Une île, volcanique, avec (forcément) l’océan, du décalage horaire, des amis à voir… mais le froid achève de me réveiller et voilà que je tente de percer les ténèbres de mon regard perçant de myope qui ne voit rien de base la nuit. Autant dire que je n’ai pas vu grand-chose à part les horribles hotels pour touristes en mal de Viking (non sérieusement les fausses églises nordiques ça ne le fait pas, mais alors pas du tout !). 3h du mat –le temps de charger les autres passagers, avoir l’ordre de partir, faire le chemin ET les arrêts – terminus tout le monde descend. Mon amie est là à m’attendre comme promis – et hop direction sa chambre d’étudiante. (Et encore une fois je vais me moquer du CROUS français qui n’est décidément ABSOLUMENT PAS à la hauteur – ni du Danemark, ni de la Suisse, ni de l’Allemagne… ni de l’Islande).  Au lit vers 4h puisqu’il fallait bien se raconter les dernières nouvelles … et debout à 7heures.

Mais pourquoi tant de haine ? Et ben parce que mon amie a trouvé le plan parfait pour commencer mon séjour. Elle a des connaissances intéressantes – un mec qui fait le tour des pays du nord pour en faire des photos et des articles, même nationalité qu’elle, lui a proposé de la prendre dans une expédition pour aller voir le glacier du Jökulsárlón … et elle a eu l’autorisation de m’emmener. Me voici donc à 8heures du matin en Islande (donc fait pas jour, hein, faut pas rêver) à grelotter sur le chemin vers le point de rendez-vous (l’aérodrome près de l’université de Reykjavik). Et presque une heure plus tard (et autant dire que je ne sentais plus mes oreilles), me voici serrée comme une sardine dans une voiture remplie de hongrois.

Le glacier du Jökulsárlón est à 400 km de Reykjavik. Entre la capitale et le site, il y a donc beaucoup à voir. Ce n’est pas plus mal pour passer le temps.

Le jour finit par se lever complètement un peu avant le départ et je découvre un petit peu de Reykjavik. Premier constat : l’industrie nationale doit être l’industrie automobile vu le nombre de concessionnaires partout. Deuxième constat : la mode est aux 4×4 – et un « gros » 4×4 français a l’air tout petit ici. Troisième constat : il ne fait pas si froid ( 2 degrés au départ ) mais le vent est cinglant.

Sortir de Reykjavik demande peu de temps. Ça a l’air tout petit. J’ai surtout vu des zones industrielles pour être honnête… Et une fois en dehors de la ville, on tombe directement dans la pleine nature. On peut rouler très longtemps sans croiser d’autres voitures… Les villages deviennent de plus en plus petits (je n’ai pas vu une seule vraie ville), jusqu’à être indiqués quand il y a une maison et une grange (pas forcément utilisée la grange d’ailleurs). A noter : même à Reykjavik certains panneaux concernent spécifiquement les tracteurs…  Et des fois, au milieu de absolument RIEN, un panneau indiquant une table de pique-nique ou un téléphone – à 100km de tout…

Une fois dans la pleine nature, la première chose qui m’a choquée c’est… beaucoup de choses en fait. Déjà, tout est hyper plat. A perte de vue, il n’y a que de grandes études balayées par les vents, où aucun arbre ne pousse, où l’herbe est rase – quand il y en a – souvent parsemée de plaques de neige (pas de neige en ville par contre). Et soudain, sans signe annonciateur, une montagne. On a vraiment l’impression qu’on les a posées là, au hasard, en plein milieu, sans même prendre la peine de disposer des signes annonciateurs. C’est plat  et d’un coup, la falaise abrupte d’une montagne. Certaines fois, c’est plus un énorme caillou posé au milieu de nulle part, des fois, c’est une chaîne de glaciers qui apparait à l’horizon, mais tout parait artificiel. J’imagine bien les dieux créer le monde à partir d’une boule de glace, décider des contours de l’Islande un peu au feeling (peut-être en roulant la boule de neige et en la lançant sur l’eau – peut-être comme de la glaise malaxée au hasard) et la rendre très plate d’un coup de paume… avant de décider que c’est un peu trop plat, trop ennuyant, et lancer alors des morceaux de roches pour faire les montagnes sans trop savoir comment on s’y prendre en vrai pour faire surgir des massifs comme ça. Je ne dis pas que c’est pas beau. Au contraire c’est vraiment magnifique –c’est juste une impression surprenante. Les montagnes, c’est réellement le point fort de l’Islande. Les pics sont visiblement pas très haut, mais ils sont bien dessinés et les lignes sont pures, soulignées par la neige et la glace. Une impression de propre, d’éloignement de l’humanité, renforcée par le « rien » de la plaine.

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Parfois, si on regarde les contours des montagnes, on a aussi l’impression étrange d’y voir des visages sculptés dans la pierre. J’ai trouvé plusieurs hommes et femmes ressemblant aux vieilles gravures des Eddas et des sagas – ils ont peut-être tiré les visages de leurs dieux de ces montagnes. Ou les montagnes se sont adaptées aux légendes. Mes yeux ont décidé d’y voir Odin et son œil manquant, Freja et ses pommes  – et j’ai compris pourquoi Wagner et tant d’autres se sont passionnés avant moi pour la mythologie nordique.

Dans les impressions bizarres, il y a aussi la neige. Comme je l’ai dit, il n’y en a pas en ville. Une fois sortis de la ville, il y a des portions de plaine avec des plaques de neige pas encore fondue, en général planquée dans un vague relief ou dans un fossé. Et parfois, d’un coup, descendue des glaciers, une immense coulée de neige et de glace alors que tout le reste n’est même pas gelée. Le pied du glacier a conquis la plaine.

Notre premier arrêt a été un site de cascade. En Islande comme dans le reste du monde, il y a des itinéraires pour touriste (et malheureusement aussi des touristes qui les suivent – autre que moi je veux dire ^^ ). Pour décrire le site : au milieu de nulle part (un nulle part plat) une montagne surgit brusquement d’on ne sait pas trop où ; de cette montagne tombent des chutes et des cascades glacées qui vont irriguer la plaine d’une rivière qui disparait au bout de quelques kilomètres à peine en plein nulle part (toujours plat). Bon, une cascade est une cascade. C’est beau, impressionnant et humide. Mais la question que je me suis bien posée pendant toute la demi-heure passée là-bas est compliquée : d’où vient cette eau et où va-t-elle ?

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J’ai cessé de réfléchir à ça pour re-rentrer me serrer dans la voiture et nous sommes repartis. Nous avons roulé, roulé… et nous nous sommes arrêter manger islandais. Ne vous enthousiasmez pas. Si j’ai bien compris le plat national est le hamburger, et la soupe « traditionnelle » est pour les touristes. Grande claque dans la figure face au steak-frite qu’on a servi à mes co-victimes de voiture – et j’ai apprécié mon sandwiche et ma pomme avec d’autant plus de délectation qu’au moins j’avais du concombre dedans (concombre islandais hein… le truc bien de chez-eux qui pousse sous serre).

Ensuite nous avons vu notre premier glacier de près. Mais comme c’était un « petit » et qu’on avait encore au moins 150 kilomètres à faire, ça n’a été qu’un arrêt-photo de courte durée. Un peu plus longue a été la pause sur la côte. Visiblement les dieux islandais avaient vraiment une vague idée du design scandinave. Ils n’ont pas fait dans le compliqué – mais ils ont oublié de faire dans le pratique. L’Islande est plate… sauf la côte, parce que sinon ce n’est pas marrant. Les falaises se jettent dans une mer grise de froid (si si c’est le froid je vous assure), balayée par les éternels vents islandais … et elle parle. Elle chante avec le vent qui vous fouettent les oreilles… et surtout qui passent dans les énormes rochers poussés dans l’eau comme autant de statues abandonnées… jetées là au hasard comme le sont les montagnes sur la terre ferme. De la suite dans les idées, vous dis-je. Et encore une fois c’est juste totalement magnifique. La montagne enneigée au loin, la mer agitée et ses rochers affleurant – c’est une vision qui donne envie de se taire et de regarder (et pour ceux qui me connaissent, ils savent que c’est dur d’avoir ce résultat avec moi).

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L’arrêt suivant a été pour faire une petite randonnée au pied de la montagne. Enfin d’une montagne. Une parmi tant d’autres. Comme partout, c’est plat jusqu’à ce que ça ne le soit pas. Après quelques minutes de montée, on se rend compte que certes il y a des pierres partout, mais d’un coup on se rend compte surtout que cette ile grise, jaune, noire et blanche est en fait composée de beaucoup plus de couleurs : rouge, violet, vert, … les roches ont plein de couleurs différentes qui ne ressortent pas beaucoup de loin mais choquent un peu de près. La montagne était en fait le dernier morceau du glacier. On atteint le « tobogan » de glace et neige – et dans un creux de pierre où gît un étang glacé, on découvre une caverne de glace. Quelqu’un est en train d’y piocher/marteler quelque part sous terre et le son est assez étrange au milieu du silence total – même le vent semble souffler tout doucement pour accentuer le bruit. La Reine des Neiges, les nains dans la mine, toutes sortes de légendes remontent à la surface – ces histoires que j’ai lu ou entendu étant enfants et dont je me rappelle sporadiquement dans ce genre de situation. Qu’y-a-t-il dans les secrets de la grotte ? On ne saura sans doute jamais puisqu’il est impossible d’y entrer sans matériel. Un secret que l’Islande gardera donc…

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Puis le but de notre voyage se rapproche – et on finit par littéralement tomber dessus. On se doutait que ça devait être dans le coin puisque la chaîne de montagne nous est subitement apparue et a refusé de nous lâcher pendant un moment. On passe un pont et… Ca y est. Nous avons atteint le glacier Jökulsárlón (qui ne se prononce absolument pas comme ça s’écrit d’ailleurs). Il se jette dans la mer, et c’est ce qui le rend si beau. Sa chute de glace s’étend sur des kilomètres avant de fondre dans le « delta » et alimenter l’océan. Et si on fait abstraction des touristes (encore eux – encore nous) c’est la Nature a l’état pur.  La coulée de glace descend – immobile certes mais bon – pour se déchiqueter en blocs de glaces craquelés, puis en lac de glace et d’eau où nagent phoques et oies sauvages (ou je ne sais pas trop quels oiseaux c’était…), pour se jeter étrangement calmement et violemment à la fois dans la mer impatiente. Nous sommes restés des heures à prendre des photos, du haut des dunes, de la « grève » où on prend réellement la mesure des plaques et blocs de glace, de loin, de près… Ce site est magnifique et au fur et à mesure, avec le soleil qui descendait, il changeait réellement. Au fil des saisons, c’est monstrueusement différent d’un jour à l’autre, mais hier, rien qu’au fil de l’heure, tout changeait. Et pour une fille des tropiques comme moi, cet amoncellement de glaces, neige, eau – noire à certains endroits, gris glace à d’autres, bleu clair encore plus loin – avec des animaux pourtant vivants dans l’eau (les phoques notamment se sont montrés plusieurs fois) est particulièrement impressionnant.

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Puis il a fallu affronter la nuit et la pluie et la neige et le vent pour rentrer à Reykjavik. Mais résultat : plein de photos, la main abîmée par le froid, et de supers souvenirs !

Pour ceux qui seraient tentés, des webcams live d’Islande : http://www.livefromiceland.is

— ENGLISH VERSION is to come.

Opera et Cie

Une des plus belles choses qui m’est arrivée grâce à Erasmus c’est retrouver le chemin de la musique.

En arrivant à Leipzig, j’ai eu l’immense joie d’être acceptée dans le Jugendchor (littéralement « choeur des jeunes ») de l’opéra de Leipzig, soit un choeur semi-professionnel qui participe à la fois à certains des opéras avec le Opernchor (le choeur « normal ») et à des productions du Gewandhaus (l’institution de l’orchestre philarmonique), ainsi qu’à des productions spécifiques (comme la mise en musique d’un film muet, des concerts privés…).

En plus de mes cours, cela me prend énormément de temps… Et je ne suis jamais aussi moi-même, apaisée et sûre de moi – heureuse?- que quand je suis à l’opéra. J’ai répétition deux soirs par semaine pour les répétitions régulières, et de nombreuses répétitions additionnelles, avec orchestre ou avec l’Opernchor, pour préparer les productions. Le reste du temps, mes partitions me trottent dans la tête, je discute musique, je vocalise, j’apprends mes textes, … Ma vie devient une symphonie (parfois angoissée) et j’adore ça.

L’avantage de l’opéra, c’est la musique évidemment, mais pas que. Mon niveau de solfège grimpe (et pourtant ils parlent allemand : il faut savoir que « do ré mi fa sol la si » en allemand ça devient « c d e f g h  a » et que les termes musicaux changent parfois aussi beaucoup). Ma capacité à apprendre une partition augmente. Mes connaissances en culture augmentent. … Mes connaissances des gens augmentent. On rencontre des personnes géniales à l’opéra 😀 Ma carte d’employée me donne des réductions pour les productions où je ne chante pas. Je rencontre des gens célèbres (sauf qu’en général j’apprends qu’ils sont célèbres une fois qu’ils sont partis). J’acquiers une expérience de la scène. La vraie scène. A noter: la scène (technique) de Leipzig est une des plus grande d’Europe.

Il faut dire que je baigne dans la musique le reste du temps aussi. Mon stage/volontariat se passent tous les deux pour le Wagner Verband – le Cercle Wagner de ma ville. Je traduis plein de trucs en rapport avec Wagner, sa musique, j’ai plein d’affiches de mises en scène sous les yeux… etc.

Pour le moment qu’ai-je fait?

– en novembre : Häxan (un film d’horreur muet suédois que nous avons mis en musique -le choeur et un orchestre- en live)

– soutien du choeur d’enfants pour Hänsel und Gretel

– choeur avec le Opernchor pour die Meistersinger von Nürnberg (Wagner)

– Konzert für Neugierige pour le Gewandhaus de Leipzig

Sont prévus:

– Parsifal et Rienzi (Wagner et Wagner) avec l’Opernchor

– Häxan de nouveau ( extrait: http://www.youtube.com/watch?v=pP9MN4YxeFw)

– un concert à Dresde

– d’autres opéras.

Et en attendant, j’ai vu la Bohême (Puccini), l’Anneau du Nibelung pour Enfants (Wagner), Cosi fan Tutte (Mozart), et je dois aller voir Die Fledermaus (Strauss) et le Barbier de Séville (Rossini)) – en préparant avec le Cercle Wagner le jubilé de Wagner…

Je ne regrette pas Erasmus rien que pour la musique que ça m’a apporté… 😀

Meistersinger von Nürnberg, Leipzig

One of the nicest things that happened to me thanks to Erasmus is to find again the path of music. When I arrived in Leipzig, I had the immense joy of being accepted into the Jugendchor (literaly « Youth Choir » « ) at the Opera of Leipzig. It is a semi-professional choir which takes part into operas with the Opernchor (the « normal » choir of the Opera) and in productions of the Gewandhaus (the institution in charge of the philarmonic orchestra), and which also makes specific performances (like  the musical setting of a silent film, private concerts …)

It takes me a lot of time besides of my university studies. But I’m never so happy than when I am in the opera –  I am never so myself, calm and self-confident – happy? I have two rehearsals a week for « regular » rehearsals, and numerous additional rehearsals with orchester or Opernchor to prepare the performances on stage. The remaining time, my scores are singing in my head; I takl about music; I sing; I learn my texts, … My life is becoming as a symphony, and it can’t sometimes be stressful but I like it.

The opera advantage is not only music. My level in music theory increases (and yet they speak German you should know that « do re mi fa sol la si » like in French  becomes in German « c d e  f g h a » and musical terms sometimes change as much…). My ability to learn a partition increases too. My knowledge in culture increases… like my knowledge of people. You meet great people at the opera: D My employee card gives me discounts for productions where I do not sing. I meet famous people (except that I usually learn that they are famous once they are gone). I am gaining experience of the stage. The real stage. Note: the stage of Leipzig  is one of the largest stage in Europe.

I must say that I’m also surrounded by music the rest of the time. My internship / volunteer action are both for the Wagner Verband – Wagner Society of my city. I translate stuff related to Wagner, his music, I have lots of posters from the stage under the eyes … etc..

For now what have I done?

– November: Häxan (a Swedish silent horror film for which we made ​​music, with the choir and orchestra in live) – extract: http://www.youtube.com/watch?v=pP9MN4YxeFw

– We supported the children’s choir in Hänsel und Gretel

– With the chorus Opernchor, we sang for die Meistersinger von Nürnberg (Wagner)

– We had a  concert – Konzert für Neugierige – in the Leipzig Gewandhaus

Are planned:

– Rienzi and Parsifal (Wagner and Wagner) with  the Opernchor

– Häxan again

– A concert in Dresden

– Other operas.

And in the meantime, I saw Bohemia (Puccini), the Ring of the Nibelung for Children (Wagner), Cosi fan Tutte (Mozart), and I will go to see Die Fledermaus (Strauss) and The Barber of Seville (Rossini) –  while I’m preparing Wagner’s Jubilee with the Wagner Verband.

I do not regret anything of Erasmus for the music  it brought me … : D